Je bidouille, tu bidouilles… ils bidouillent

Les bidouilleurs du #journocamp

Une centaine de journalistes s’est retrouvée ce 3 avril pour partager les bonnes pratiques et les bons outils lors du #journocamp. Cette rencontre, dans les locaux de Google à Paris, a eu lieu à l’initiative de Cédric Motte, alias @Chouing, en s’appuyant sur la communauté qu’il a créé, celle des Journalistes qui tâtent un peu des outils modernes. Un repère de bidouilleurs professionnels et souvent talentueux.

De la dataviz à la carto, en passant par les « long reads » et les visualisations interactives, la bidouille est un état d’esprit autant qu’une contrainte et une nécessité dans un environnement où il faut produire de l’info intelligente pour toujours moins cher.

Comment les journalistes vivent-ils la bidouille numérique et l’explosion du nombre d’outils en ligne?

Le #journocamp était donc une magnifique occasion d’interroger des confrères sur leurs habitudes et leur vision du règne de la bidouille, élevée au rang de « priorité impérieuse » pour ceux qui veulent faire bouger les pratiques.

FLORENT MAURIN The Pixel Hunt#Twine #yEd #crayon #papier

« Bidouiller, c’est associer des concepts qui ne vont pas forcément ensemble, comme des tartines au chocolat et aux cornichons. Et quand on fait ces associations-là, parfois, il y a des choses intéressantes qui en sortent. »

MAXIME VAUDANOLes décodeurs #racontr #datawrapper

« J’adore tester des choses, Je suis content d’être dans une rédaction (NDLR Les décodeurs, Lemonde.fr) où il n’y a pas une pression pour toujours faire des objets finis et optimaux à 100%, donc la bidouille, c’est aussi du plaisir. »

GILLES DANETLe Télégramme#GoogleFusion #datawrapper

« Les services de visualisation en ligne permettent d’obtenir une lisibilité éditoriale rapide sans passer obligatoirement par notre service infographie. Le pôle infographie nous apporte, lui aussi, beaucoup puisqu’il sait utiliser d’autres logiciels comme Edge d’Adobe pour faire des infographies en HTML 5, par exemple. Les développeurs en interne sont peu nombreux et ils travaillent plutôt sur des projets. »

ALAIN LORFEVRE La Libre Belgique #Evernote #Cloze #iMovie

« Je suis un bidouilleur encore amateur qui essaie d’enrichir ses contenus classiques sous forme d’infographies dynamiques, de visuels et de contenus audiovisuels. Une fois qu’on s’y met, c’est un cercle vertueux, on partage avec les collègues, on découvre et on a de nouvelles idées. »

Philippe GammaireFormateur Multimédia #Thinglink

« L’esprit de la bidouille, c’est le détournement.  En ce qui me concerne, c’est la curiosité et l’envie de découverte qui me motivent. Je suis fan des outils qui m’emmènent très loin dans les usages. »

ARNAUD WERYL’AVENIR #datawrapper

« La bidouille est venue un jour, je ne m’y attendais pas. J’étais au #labdavanac, j’ai plongé dans le journalisme de données et à partir de là, j’ai été pris dans le jeu, dans l’envie. Aujourd’hui, j’essaie de transmettre l’esprit de la bidouille en formant les journalistes de ma rédaction. »

VIRGINIE FAUVELGroupe Le Moniteur#infogram #datawrapper

« On est sur un terrain expérimental et c’est ce qui fait le plaisir de la démarche. »

Pour aller plus loin:

Nicolas Becquet

10 commentaires

  1. Salut Nicolas,
    Merci de ce billet de retour, merci de partager les discussions avec les uns et les autres, merci d’être venu… 😉

    Cependant, il manque une personne dans tes portraits : pour toi, ça représente quoi la bidouille ?

    1. Mais quelle bonne question Cédric 😉 Pour moi, la bidouille, c’est un moyen de desserrer le corset des formats et des habitudes, de remettre en cause ses pratiques, de coller davantage aux usages des internautes et même de les surprendre en se démarquant. La bidouille par plaisir et par nécessité, donc. La grande difficulté, c’est d’avoir suffisamment de temps pour tester et mettre à l’épreuve les outils. Dans les rédactions, le principal défi, c’est l’appropriation des outils, un processus lent mais payant. Gare donc à l’inflation d’outils et à la course à la nouveauté. Je termine en citant @Cyceron: « la techno ne remplacera pas votre cerveau ! »

  2. C’est une bonne chose de bidouiller de temps en temps. Mais dans le cas du journalisme, je crains que le numérique n’arrive à supplanter la presse traditionnelle. Dans ce cas, les informations ne seront plus forcément issues des journalistes mais des internautes.

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