MakingOf: « Racontez-moi 5 ans de crise ». Le parfum du webdoc, le goût du news

Webdoc Racontez-moi 5 ans de crise

Webdoc: Racontez-moi 5 ans de crise – L’Echo

Le projet est né avec la volonté du journal L’Echo de revenir sur cinq années de crise(s) financière, économique et de la dette. Face l’ampleur du sujet et sa complexité, il fallait trouver un moyen de raconter des événements d’une rare complexité.

En choisissant la forme du webdoc, les ingrédients étaient réunis pour donner à comprendre par petites touches afin de ne pas asphyxier l’internaute.

Il fallait également répondre à une autre exigence, trouver un angle et un mode de narration différents de ce qui serait fait dans le journal. A la prospective proposée dans les pages du quotidien, nous avons choisi de revenir sur douze événements clés de cette crise, comme autant de repères et de portes d’entrée. Une approche complétée par des accroches thématiques : les clés pour comprendre, 5 ans de crise en une minute, Et aujourd’hui….

La colonne vertébrale du webdoc, c’est la ligne du temps qui fait également office de menu sur lequel l’internaute peut revenir à tout instant. Cette structure s’anime dans la séquence intitulée « Racontez-moi ». Il s’agit alors d’un condensé de quatre minutes qui reprend l’essentiel des informations et de l’histoire racontée.

Racontez-moi 5 ans de crise à voir en cliquant ici.

Les puristes du webdoc diront qu’il s’agit davantage d’un travail de journaliste que celui d’un « auteur » qui aurait mené un travail d’investigation sur un angle très précis. C’est une dimension assumée et voulue car l’objectif était de renouveler l’approche de l’information « quotidienne » : ralentir sans pour autant s’immobiliser.

Pour ce faire, j’ai reçu l’appui de quatre journalistes de la rédaction (Serge Quoidbach, Dominique Liesse, Youri Huygen et Marc Collet), un caméraman-monteur (Jan Rombouts) et un infographiste (Filip Ysenbaert).

Intérêt du webdoc

L’objectif était de mêler explication et analyse sans avoir recours à de longs textes. Une intention résumer par ce triptyque: événement, contexte, question courte / réponse courte.

Pour cela, j’ai privilégié des formes compactes: vidéos de 1 à 3 mn maximums, graphiques interactifs ou diaporamas. La variété des types de contenus ayant pour but de retenir l’attention d’internautes aux attentes différentes.

Il me paraît en effet essentiel que chacun puisse choisir son mode de navigation, la durée de consultation et le type de contenu. C’est le principe même du webdocumentaire : immersion, contenu non-linéaire et liberté de navigation.

Trois navigations possibles :

  • Progression thématique pour internaute pressé : via les quatre séquences thématiques (Racontez-moi, Clés pour comprendre, 5 ans crise en 1 mn, Et aujourd’hui).
  • Progression par synthèses pour internaute « flâneur »: à travers un diaporama sonore qui reprend la chronologie, les événements, des photos et des explications. C’est un récit enrichi et autonome de quatre minutes qui explique l’en l’enchaînement des différentes crises.
  • Progression chronologique pour internaute passionné/spécialiste: d’événement en événement.

Seuls le principe et la forme d’un webdocumentaire permettait à la fois de créer une immersion dans le sujet et une navigabilité ouverte et libre.

Racontez-moi 5 ans de crise - L'Echo

MakingOf: « Racontez-moi 5 ans de crise ». Le parfum du webdoc, le goût du news

Les enseignements

Le juste milieu

Ce webdoc prouve que l’on peut avoir de l’ambition de fond et de forme sans disposer d’importants moyens tant humain que financier. Il est également possible de faire un compromis satisfaisant entre l’urgence du web et le temps du documentaire.

Retours positifs

Ma plus grande satisfaction, ce sont les commentaires encourageants reçus de personnes qui ne sont ni coutumières des sujets économiques, ni forcenées du web. Il faut sans cesse avoir à l’esprit le fossé qui se creuse entre des journalistes web et des développeurs toujours plus « initiés » et la « réalité d’usage » des internautes.

Trop ambitieux?

Il aurait peut-être fallu resserrer le nombre d’infos afin de gagner en lisibilité et navigabilité ? J’ai poussé l’application dans ses limites, ce qui pose parfois des problèmes de chargements. Vouloir tout faire seul à ses limites, l’œil d’un webdesigner et d’un spécialiste de l’ergonomie aurait sans doute était très utile pour affiner le rendu.

Pourquoi Klynt?

Tout d’abord parce que je ne disposais pas du budget nécessaire pour faire appel à des développeurs. Ensuite, parce que j’ai été séduit par les possibilités et le professionnalisme de la solution proposée par Klynt. Un player HTML 5 est désormais disponible dans la V2, ce qui rend les webdocs consultables sur les tablettes.

A l’exception de 3WDoc Studio qui permet la réalisation de modules multimédia poussés, la majorité des sites ou des plateformes permettent (« uniquement ») de réaliser des Petits Objets Multimédia (P.O.M.) ou des narrations dynamiques enrichies avec du contenu multimédia à l’image de webdoc.com.

Comment ça marche?

Klynt est basé sur une technologique Flash et désormais un player HTML5 dont l’interface se divise entre une « scène » et différentes timelines correspondantes aux types de médias: images/vidéos, texte, son et une dernière pour les liens.

Car la véritable plus-value de cette plateforme, c’est l’instauration de la notion de durée. Chaque scène a donc une durée pendant laquelle les contenus et les liens peuvent apparaître et disparaître. Finies donc les pages statiques et les clics à répétition pour passer d’un contenu à l’autre.

Autre tour de force de Klynt, c’est sa présentation en arborescence (voir ci-dessous). Chaque scène peut être potentiellement reliée à une autre. Pour constituer la navigation, il suffit d’un drag & drop entre les séquences pour qu’un lien cliquable soit automatiquement ajouté dans la scène. Une méthode très pratique pour gérer la construction et la hiérarchisation du schéma narratif.

Webdoc: "Racontez-moi 5 ans de crise". Le parfum du webdoc, le goût du news

Webdoc: « Racontez-moi 5 ans de crise ». Le parfum du webdoc, le goût du news

Le prix?

500 euros en version pro pour une licence, un prix abordable même lorsqu’on ne travaille pas pour un grand média. Au regard des possibilités offertes, le coût reste modeste en comparaison des prix affichés par les suites Adobe…

Enfin, chapeau au « helpdesk » de Klynt qui répond « dans les 24h » aux questions posées sur leur site. Un site qui possède d’ailleurs un très bon mode d’emploi sous forme de questions/réponses.

Voilà pour le making of de ce webdoc, n’hésitez pas à me faire part de vos questions, remarques, objections… et pour le consulter, c’est ici.

A bientôt pour de nouvelles expérimentations autour du storytelling et des enjeux du journalisme en mutation.

@NicolasBecquet

A lire aussi :

Nicolas Becquet

1 commentaire

Publier un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *